Choisir des guêtres pour l’extérieur : comment et pourquoi ?

Choisir des guêtres pour l’extérieur : comment et pourquoi ?

Hello cher(-ère)s Cavalier(-ère)s,

Je remercie Sam T. pour sa question, car de la discussion est née l’idée de l’article.

Voici selon moi, les critères qu’il faut viser, dans le choix de protections pour son cheval d’extérieur.

Je suis plutôt calée sur l’endurance : on est en extérieur, mais il y a des notions de vitesse et de checks réguliers, que la rando n’a pas. Cependant, je pense qu’on peut faire des ponts entre les 2 disciplines.

Protéger : de quoi ?

Derrière le mot « protection » se cachent de multiples attentes, selon sa discipline.

On peut protéger des blessures, on peut protéger la santé, on peut protéger l’état des membres…

Les guêtres sur le marché ont des caractéristiques différentes
– la protection contre les chocs
– la protection contre les frottements
– le maintien des tendons,
– la respirabilité
– la couvrance : ouverte/fermée/intégrale

En général, les sauteurs vont chercher principalement la protection contre les chocs (les postérieurs qui viennent toucher les antérieurs) ; les dresseurs, du maintien… Mais ça c’est pour les disciplines classiques.

Alors, pour l’extérieur : est-ce que ce sont les mêmes critères ?

Parfois, protéger, c’est renoncer.

Course du marquenterre : Dunes de sable + plage. pas de protections !
crédit : agence arquantide

Et bam, oui, j’ose le dire :

Parfois l’absence de protections est la meilleure des protections.

Avant de me traiter de boulet, lisez la suite :

En présence d’eau, de boue ou de sable, porter des protections peut être un vrai problème.

A la plage par exemple, ou sur les terrains boueux, je ne mets pas de protections à Cantad : trop peur que du sable/de la boue s’immisce entre sa peau et la protection, et qu’avec les kilomètres, une blessure d’abrasion apparaisse.

La plage, c’est sans protection !

Et puis, bon, si le but est de profiter de la plage et de rentrer dans l’eau : les protections vont se gorger d’eau. Elles seront lourdes, elles vont glisser, se défaire…. elles vont retenir les grains de sables, ou vous allez carrément les perdre. Aucun intérêt : ça pollue la plage et vous en serez quittes pour racheter une paire ! 😅

Alors que sans protec, ok, le membre sera sale, mais je ne crée pas le problème.

Si le sable se colle, je peux courir mes 20 km tranquille : au pire, il reste sur la peau de mon cheval pendant la course, mais finira par tomber ou être rincé, lors d’une pause, sans provoquer plus de dégât.

Quand les terrains ressemblent à ça, je ne mets pas de protections !

Alors, c’est sûr : j’expose Cantad aux frottements, mais c’est un risque que je suis prête à prendre. Car, une chose est une certitude : si un grain de sable se glisse sous la protection, c’est sûr à 100% qu’il boitera !

De 2 maux, il faut choisir le moindre…

Aristote

Donc, là, c’est juste un conseil de bon sens, je réitère :

Parfois, dans des cas bien précis, protéger, c’est renoncer !

Ceci dit, hors cas type plage/ sable/ boue, je fais partie de la team « je mets des protections » parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer. Et que le propre d’une protection, c’est d’être là au moment où l’accident se passe.

Donc, en principe de précaution, je mets des protections. Surtout dans la région où je suis actuellement. Nombreux sont les cavaliers d’extérieur qui n’en mettent pas. Chacun sa vision,… ou sa région ! 😂

Et ne venez pas mettre en commentaire un truc pour essayer de me convaincre : ça ne marchera pas ! 😉

Que ce serait-il passé si Cantad avait été sans protection ? Je suis contente de ne pas avoir eu besoin de gérer la situation !

Quels critères pour la protection en extérieur ?

Le maintien

Un cavalier d’endurance, de manière générale, va peu rechercher le maintien des tendons : les entraînements longs et lents auront été là pour renforcer cette partie.

Et l’inconvénient de soutenir les tendons, sur des périodes aussi longues de pratique, c’est que ça les fragilise.

Après, on peut vite tomber dans une spirale infernale, où l’on est obligé de les soutenir pour que son cheval aille bien, mais comme les sorties se rallongent, on est condamnés à soutenir de plus en plus longtemps…

Je déconseillerai donc fortement l’utilisation de guêtres qui soutiennent : en rallongeant progressivement les parcours, l’organisme du cheval va se renforcer, même si c’est une faiblesse chez lui à la base.

Au contraire ! Les sorties « long et lent », c’est parfait pour renforcer son corps, naturellement et sainement.

La protection aux frottements

En endurance, on recherche plutôt la protection aux frottements :

  • en face interne : avec la fatigue, le cheval peut se toucher
  • en face externe : contre les branches, les plantes qui piquent sur le bord des chemins, les cailloux, les trottoirs… ou si jamais le cheval glisse, des guêtres aérées, qui vont laisser le boulet libre.

Mais cette protection ne doit pas se faire au détriment de la souplesse, pour se faire oublier du cheval.

La couvrance

Pour cette partie, le tout est de comprendre s’il vaut mieux prendre des guêtres ouvertes, fermées, intégrales (= qui englobent le boulet).

Je fais une petite analogie, avec nos chaussures :

Maintenir le boulet sur des distances aussi longues que l’endurance propose, c’est comme porter des chaussures de rando montantes pour faire du trail : si la cheville est trop maintenue, vous aurez des problèmes en fin de course, car elle aura été entravée dans ses mouvements, faits à vitesse rapide, et qu’il vous aura fallu « forcer » inconsciemment. Alors que si la cheville est libre, elle pourra naturellement jouer son rôle d’articulation, et s’adapter aux terrains sans contrainte.

Donc, avec cette analogie, à mon sens, exit les guêtres intégrales. Pertinentes sur des durées courtes et de beaux sols bien plats, elles perdent leur intérêt si votre cheval doit monter, descendre, marcher sur des routes, puis traverser des pistes caillouteuses,…

Ouvertes ou fermées ? Cela restera à votre appréciation personnelle. j’aurai tendance à conseiller les guêtres fermées : car dans le cas où Cantad glisserait, l’intégralité du canon a lui aussi une couche protectrice.

A noter que j’ai choisi des guêtres qui se mettent indifféremment aux antérieurs comme aux postérieurs.

J’aime bien me dire que la zone des tendons à l’arrière est couverte : on passe parfois dans des endroits bien cailloux avec des descentes… et dans le cas où le cheval « s’asseoit » un peu pour descendre, (oui, ça nous est déjà arrivé d’avoir de sacrées descentes à gérer), j’aime bien me dire qu’il y a une couche de protection entre le sol et les tendons.

Idéalement, pour les postérieurs, j’aurai pu prendre une taille au-dessus, par rapport aux antérieurs, afin de protéger vraiment jusqu’en haut, mais j’ai préféré rester dans la même taille : si j’ai un souci sur la course, loin du ravitaillement, je pourrai remanier les guêtres très rapidement, en quelques secondes.

La souplesse

Les protections doivent vraiment être une seconde peau pour votre cheval. Tout frottement intempestif se traduirait à la fin de votre randonnée ou de votre course par des plaques abrasées, ou des tendons compressés.

La respirabilité

A mon sens, une des qualités que devrait avoir une protection d’extérieur, car elle sera portée longtemps.

La matière

Le néoprène est une matière classique des guêtres, peu importe la marque.

C’est un composant souple, qui existe en différentes épaisseurs, et protège bien pour les frottements. Il résiste plutôt bien aux éclaboussures (il a un petit côté « déperlant », au sens où la structure permet à des gouttes d’eau de glisser en surface).

Par contre, il n’est pas très respirant, et une fois mouillé, il est imbibé, il pèse très lourd et mets du temps à sécher

Notre dernière 60 km : on a des protections bien aérées !

Il existe des dérivés type « velcroprène » acronyme de velcro et néoprène, qui ont les mêmes caractéristiques.

Le mesh 3D offre une bonne respirabilité, mais peu de protections.

Les coques sont à mon sens peu utiles pour l’usage du cavalier d’extérieur : les protections entièrement coquées ne sont pas pertinentes, et pour celles qui ont une coque interne sur le tendon, c’est une fonctionnalité qui pour l’extérieur, n’est pas utile.

En extérieur, exit le mouton en doublure pour les protections : certes, il est reconnu pour absorber la transpiration, mais il se salit vite et vieillit mal exposé aux terrains et aux pistes. Le faux mouton n’est pas une bonne idée non plus : il échauffe trop.

On déconseille les protections en cuir également : pas assez souples pour la plupart, et généralement proposées avec des lanières en cuir, comme système de fermeture, bien trop fines pour être confortables sur du long terme.

Il faudra donc avoir des matériaux pertinents, et un intelligent assemblage, pour tirer parti du meilleur de chaque composant.

La couleur

Oui, ça compte pour les cavaliers d’extérieur ! Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est parfois même le critère n°1.

On n’est pas là pour juger, mais pour expliciter un comportement de consommation. Chacun met les critères où il l’entend.

C’est sûr : c’est beau d’être assorti ! vu sur cheval annonce. crédit : E. Trescazes

Certaines marques proposent beaucoup de couleurs.

Aux cavaliers pour qui ce critère compte : j’attire votre attention sur le rapport prix/ qualité/ finitions, qui me semble peu équilibré sur certaines marques, pourtant plébiscitées en endurance.

Le vieillissement du composant velcroprène ne me paraît pas formidable non plus, quand je vois passer les modèles d’occasion, ou sur les courses.

Et pour ces ordres de prix, d’autres marques proposent des modèles bien plus intéressants, mais dans un colorama restreint.

Le marketing

Ahah, critère inhabituel, mais valable peu importe la discipline que vous pratiquez !

Juste pour attirer votre attention sur ce point. Beaucoup de marques ont des services marketing très performants.

Il vous faudra prendre du recul sur les bienfaits des composants utilisés, et creuser, pour comprendre si c’est un vrai atout pour votre cheval, ou de la poudre aux yeux pour faire beau/ faire plaisir aux yeux/ faire gonfler les prix.

Ce n’est pas parce que l’argumentaire est long, à grand coup de mots évocateurs que c’est meilleur pour votre cheval.

Prudence !

En résumé :

Comme l’article est dense, voici, selon moi, le cahier des charges des protections pour l’extérieur : guêtres fermées, aérées, protections aux frottements.

Et pour les bonnes pratiques :

A l’entraînement à la maison (terrains secs + cailloux), + courses d’endurance en général (si pas de pluie et pas de sable)
=> protections.

A la plage, ou en course si terrains boueux ou très sablonneux :
=> pas de protections.

Attention, je ne saurai dire à quel point ce point de vue est personnel : il est basé sur mes critères propres, mes choix, la santé de Cantad, les terrains autour de nos écuries…

Il est vrai que dans le Nord, lorsqu’on y habitait, j’avais moins tendance à protéger Cantad, les terrains étant beaucoup plus cléments.

Une conclusion : A vous de voir ce qui peut être bon pour votre cas ! Et ça peut évoluer dans le temps…

ne jamais dire jamais ! 😜

Angélique

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