Comment le cheval utilise son énergie pendant l’effort?

Comment le cheval utilise son énergie pendant l’effort?

Hello Cher(-ère)s Cavalier(-ère)s,

La dernière fois, je suis allée faire un trotting avec une amie. Au bout d’un moment, l’envie d’un petit galop nous prend… Mais au bout de quelques minutes, force m’est de constater que la jument de mon amie souffle beaucoup plus que Cantad.

C’est normal me direz-vous : Cantad est un cheval d’endurance, quand la jument de mon amie est plutôt une sauteuse. Ce n’est pas le même effort demandé.

Cependant, tout sportif souhaite améliorer sa forme physique globale.

 

Alors, comment aider chaque cheval, à améliorer sa condition physique, dans son domaine ?

Pour le cheval, il lui est impossible de s’améliorer en capacité pulmonaire. Un des buts de l’entraînement du cheval d’endurance est d’améliorer le système cardio-vasculaire. En gros : faire le même effort avec le rythme cardiaque le plus bas possible en aisance respiratoire.

 

Du point de vue du sportif, un effort physique, c’est de la transpiration et de la contraction musculaire. Eventuellement des crampes après coup.

D’un point de vue métabolique, un effort physique est la conversion de l’énergie chimique en énergie mécanique, grâce à nos muscles. La performance repose donc sur la capacité de l’organisme à gérer cette transformation.

Comment le cheval transforme t-il cette énergie?

Quand vous démarrez votre séance (un trotting, par exemple), votre cheval passe par 3 phases. 

Zone orange : Etape 1 : Voies anaérobies alactiques.

Comme vous étiez tranquille au pas, et que tout d’un coup, vous démarrez votre trotting, l’organisme de votre cheval doit lui aussi démarrer. On dit qu’il est en anaérobie car il ne nécessite pas d’apport en oxygène.
1/ il lui faut beaucoup d’énergie pour démarrer.
2/ Il pallie ce démarrage en piochant directement dans ses réserves. Mais elles ne sont pas éternelles (moins d’1 minutes) il doit donc commencer à mettre en place la fabrication de l’énergie. Il n’y a pas de production de déchets (pour vous illustrer l’idée, imaginez que cette énergie est directement consommable : pas d’emballage à jeter ! ^^).

Zone bleue : Etape 2 : Voies anaérobies lactiques.

Le trotting continue. L’organisme doit vite produire de l’énergie pour maintenir l’effort, alors il fait « au plus vite ». Il faut réagir rapidement et il déballe des barres de céréales à tout va : le carburant de l’effort est synthétisé très vite, toujours sans oxygène. Mais il y a production d’un déchet : lacide lactique, le fameux responsable des crampes et courbatures.

La demande en énergie pour maintenir l’effort commence à diminuer (« la machine se lance »). Les rythmes cardiaque  et respiratoire montent très vite, mais diminueront, une fois « la machine lancée » et la production aérobie prête à prendre le relais.

Zone 3 : Etape 3 : L’aérobie.

Elle démarre après 2 minutes d’effort. Au bout de 20 min, l’organisme a mis en place le système de fabrication de notre carburant. C’est le « second souffle » dont peuvent vous parler les coureurs.

L’organisme « trouve son rythme de croisière » : les muscles vont piocher ce dont ils ont besoin dans les réserves et utilisent de l’oxygène pour les transformer. Le besoin d’énergie pour maintenir l’effort est plus bas (ça y est, on est lancé!) et la production de carburant se fait de manière stable et continue. L’organisme a le temps de produire son énergie. En terme de capacité respiratoire, le cheval respire en dessous de son VO2 max (Volume Oxygène maximal) : l’effort peut durer. Le rythme cardiaque se situe en dessous des 150 battements/min.

Suivant votre exercice, votre cheval peut ensuite passer par les phases suivantes :

Etape 4 :

on pimente le trotting, et on se fait une petite longueur au grand galop, dans les champs. Le cheval repart dans la voie dite « anaérobie lactique » : l’effort consomme plus d’énergie que la production « de croisière » prévue : il faut re-synthétiser de l’énergie « en urgence ».

Etape 5 : la récupération.

C’est le retour aux conditions physiologiques de repos : il faut restaurer les réserves et éliminer les déchets (notamment l‘acide lactique dans le sang). Plus le cheval récupère vite, et plus il va être apte à refaire une nouvelle performance.

On note 2 types de récupération : la passive (au box) et l’active (le cheval est en mouvement : pas engagé ou trot)

On retient :

=> La fabrication de l’énergie varie selon l’intensité et la durée de l’effort:

En anaérobie : « Sans suffisamment d’oxygène », l’effort intense est soutenu brièvement.
En aérobie : « Avec suffisamment d’oxygène », l’effort modéré dure plus longtemps.

=> Alterner les périodes aérobie et anaérobie est très bénéfique pour l’organisme :
il apprend à tenir l’effort longtemps (endurance), ou alors à synthétiser de l’énergie ultra rapidement (explosivité), et à transformer/éliminer les déchets (pas de courbatures)

Selon la discipline que vous pratiquez, votre entraînement ne sera pas axé sur les mêmes objectifs. Dans un cas vous chercherez à améliorer la capacité de votre cheval à produire un effort court et intense (cheval d’obstacle par exemple) dans l’autre vous chercherez à produire un effort de faible à moyenne intensité pendant longtemps.

Angélique

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