La politesse au repas : les bonnes manières, version cheval.

La politesse au repas : les bonnes manières, version cheval.

Hello cher(-ère)s Cavalier(-ère)s,

C’est peut-être la première fois que vous allez entendre cette expression : « la politesse au repas ». Il ne s’agit nullement de demander à son cheval de dire « merci », de ne pas roter, ou de ne pas mettre les coudes sur la table.

Non, non.

Les Cavaliers d’Extérieur, type TREC ou Randonnée, pourront vous le dire :

Il s’agit en fait de mettre en place la base d’une relation saine avec son cheval ; celle qui va vous positionner en Leader, et qui va faire que votre cheval aura confiance en vous.

Les repas : un enjeu, dans la Nature.

A l’état naturel, nous l’avons vu dans la Vidéo #Mythique, « Un cheval mange des granulés », nos compagnons passent plus de 12 heures par jour à brouter. L’accès à l’herbe est possible pour chaque individu, personne ne se dispute.

Le cheval, un animal grégaire, avec un dominant : « Pousse-toi, c’est moi le chef « !

Mais si nous observons les chevaux dans un pré, nous comprenons qu’il y a une hiérarchie entre eux, pour les accès aux autres sources de nourritures (le foin, par exemple), et même l’eau. Les chevaux dominants sont vite repérables : ils éloignent les dominés d’un simple geste, pour se servir.

On ne plaisante donc pas avec la bouffe, chez le Cheval !

Les repas : un enjeu aussi dans les écuries !

Et ce comportement ne s’arrête pas au pré : les chevaux le ramènent dans les écuries. Je vous vois venir : dans les écuries, les chevaux ont plutôt tendance à vivre seul dans leur box, ou leur paddock…

C’est vrai. Mais un cheval dominant peut vouloir la priorité vers sa mangeoire… envers son cavalier !

Et c’est là que les ennuis commencent.

Vous en connaissez tous, des chevaux qui sont moyennement aimables, lorsque vient l’heure de la distribution des rations : oreilles en arrière, dents en avant, ruades,…

Ce sont typiquement des chevaux qui revendiquent l’accès prioritaire. Et dans ces moments là, lorsque la ration est dans la mangeoire, leurs cavaliers (s’ils sont présents) adoptent un comportement loin d’être anodin : Ils rentrent vite leurs chevaux, se font bousculer au passage, et reculent vite vers la sortie.

Les chevaux sont logiques.

Le hic, c’est que les chevaux ont une logique implacable : ils ne comprennent pas les exceptions. S’ils ont eu la priorité à un moment aussi important que l’accès à la nourriture, pourquoi laisser la priorité dans les autres moments de la journée ?

Pourquoi laisser ce cavalier l’emmener ? pourquoi rester sagement à côté de lui ? … pourquoi l’écouter, en fait ?

Le travail à pied ne fait pas tout.

Bien sûr, le travail à pied aide, je ne le remets pas en question. Mais il ne fait pas tout. Si vous avez bien lu les paragraphes précédents, vous pouvez comprendre que la Politesse Au Repas vient en fait compléter le travail à pied.

Le travail à pied : un des piliers pour une future complicité. N’oublions pas les autres !

Devenez le Leader de votre cheval.

Pour vous faire confiance, un cheval doit faire attention à vous : il doit vous connaître, et savoir que vous serez Juste (dans tous les sens du terme) dans vos demandes, actions et jugements.

De votre côté, le fait d’éduquer un cheval sur l’accès à ses repas, vous positionne en Leader : comme dans le pré, vous êtes celui qui donne l’accès, qui est prioritaire s’il le demande, et qui rend l’accès une fois la demande finie. Et ça, c’est typiquement quelque chose que le cheval comprend.

Pas besoin de se battre pour devenir le Leader de son cheval… ouf !

Alors, la Politesse au Repas, ça consiste en quoi ?

Pour certains chevaux, ce sera une formalité. Pour d’autres, ça va demander un peu de travail. Et c’est avec ces derniers, que l’exercice est intéressant, et va vraiment changer la relation avec leurs cavaliers !

Je vous décris l’exercice : je ferai la vidéo, dans le courant de la semaine, pour vous l’illustrer.

  1. La sécurité : Tout au long de l’exercice, ne vous mettez jamais en danger. Choisissez un espace dégagé : paddock, petit manège, rond de longe… Ne vous confinez pas dans un box, il vous faut un peu de distance.
  2. Munissez vous d’une longe, ou d’une chambrière.
  3. Déposez du foin, entre la clôture et le centre de l’espace.
  4. Laissez d’abord le cheval aller vers le foin, et le goûter, en vous tenant à une dizaine de mètres du tas de foin.
  5. Puis, avancer, soigneusement, de manière déterminée, vers le foin, droit sur votre cheval, face à lui. Tenez votre chambrière dans votre dos, basse, non visible par le cheval, ou tenez le flot de longe enroulée.
  6. A 6 mètres, commencez à le prévenir : commencez à claquer la langue.
  7. A 5 mètres, frapper le rouleau de longe contre votre cuisse, en continuant les claquements de langue. Si vous avez une chambrière, vous pouvez maintenant la montrer au cheval, mais elle peut rester dans votre dos.
  8. A 3 mètres, s’il n’a pas bougé, arrêtez-vous. Jetez l’extrémité de la longe dans sa direction (pas le côté avec mousqueton, hein ^^), ou faites passer la chambrière devant vous.
  9. S’il ne bouge toujours pas, l’idée c’est maintenant de l’atteindre : récupérez la longe, et avancez juste ce qu’il faut pour que l’extrémité de la longe le touche, lorsque vous lui lancerez. Utilisez la chambrière pour le chasser franchement.
  10. Prenez possession du foin ! Rejoignez le tas de foin tranquillement.
  11. Restez un petit peu : le cheval ne doit pas faire signe de revenir. S’il tente une approche, rechassez le : claquement de langue, puis jet de longe ou chambrière. Attention, l’idée c’est de le repousser, pas de lui courir après. C’est votre tas de foin : vous devez le garder.
  12. Observez votre cheval : a-t-il accepté ? S’il se met à distance, et vous regarde, c’est bon. « Libérez » le tas de foin, en vous éloignant tranquillement (à l’opposé de votre cheval) et dites lui « ok, tu peux manger ». retournez à une dizaine de mètres, pour que votre cheval puisse revenir vers le foin, et manger un peu.
  13. Recommencez ! Le but ? votre cheval doit quitter le tas de foin dès les premiers claquements de langue, sans contrariété.
Qui c’est qui est content d’avoir accès au foin ?

Cet exercice doit se dérouler dans le calme, sans geste agressif : à vous d’être ferme, mais déterminé !

Des variantes peuvent être faites avec les rations, beaucoup plus appétentes. Une fois que votre cheval sera familier de l’exercice, vous pourrez progressivement abandonner la chambrière et la longe.

L’étape ultime est de faire cet exercice dans le box de votre cheval, pour qu’il quitte sa mangeoire, dès votre claquement de langue, ou dès que vous faites mine d’y approcher.

C’est l’un des premiers exercices que j’ai faits avec Cantad : aujourd’hui, il continue à être sage et tranquille, ne se jette pas sur sa ration, et fait toujours attention à moi. Je n’ai même plus à claquer la langue : en fin observateur qu’il est, il me laisse la priorité dès que je m’approche de la mangeoire.

Un exercice qui demande un peu de temps, mais qui en vaut la peine : le 1er pas vers la confiance, envers le sage et juste Leader que vous êtes !

Angélique

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