Le tord-nez : attention au cartilage

Le tord-nez : attention au cartilage

Hello Cher(-ère)s Cavalier(-ère)s,

Cela fait 10 jours que j’ai eu la formation en anatomie et biomécanique du cheval. Je continue à mettre mes prises de note au propre. Il y a un truc que j’ai réalisé lors de cette formation, et que j’aimerai partager avec vous sur le cartilage alaire.

Le quoi ?…

1.Le cartilage alaire, cet inconnu.

Le cartilage alaire, vous le connaissez, mais pas sous ce nom là. C’est le cartilage qui constitue votre nez, et que l’on retrouve chez le cheval au niveau des naseaux.

Ca ressemble à ça, ce sont les 2 lamelles (en forme de C, et son symétrique) au bout du nez :

crédit : image page 515 de « The anatomy of the domestic animals » (1914)

En se projetant un peu, on comprend qu’il participe grandement à la forme des naseaux :

 

2. Le cartilage alaire, ce grand fragile.

Est-ce que vous vous êtes déjà pris un coup dans le nez ?

Si oui, vous savez que ce n’est pas très agréable. C’est un cartilage qui est quand même fragile. En tant qu’Humain, un choc dans le nez peut être douloureux, nous faire saigner. Si ce cartilage se casse, il peut dévier les cloisons nasales. Pas terrible pour notre reflet, ni pour notre respiration.

3. Le tord-nez pour le cheval.

Comme son nom l’indique, le tord-nez… tord le nez. Loin de moi les débats sur les raisons, l’utilisation et le fonctionnement de cet instrument. Ce que je voudrais mettre en lumière aujourd’hui, ce sont les conséquences anatomique et biomécanique de son usage pour le cheval.

Un tord-nez n’agit pas uniquement sur la lèvre, il peut aussi agir sur le fameux cartilage alaire. Et ça fait mal.

Paradoxalement, on met le tord-nez lorsqu’on souhaite que son cheval se tienne tranquille… Pas très logique, quand on y pense, car, sous la douleur, le 1er réflexe n’est-il pas… de fuir ?

Le cheval peut vite comprendre qu’il a 2 options :

  • Option 1 : se tenir tranquillement, effectivement, mais sa tranquillité est quelque peu « factice », liée à la peur de la douleur, ou à la « tétanie » si la douleur a été trop forte. Dans ce cas, il enregistrera certainement que la situation qu’il vit n’est pas agréable, et n’accueillera pas la récidive avec joie…
  • Option 2 : se rebeller, pour se défaire de cet étreinte désagréable, jusqu’à atteindre le seuil de douleur où il se tiendra tranquille. ( cf option 1)

Et c’est précisément lors de cette option 2 que l’utilisateur peut resserrer le tord-nez du cheval ou avoir un geste malheureux de brusquerie. Conséquence pour le fragile cartilage alaire : il peut casser. Si cela peut ne pas se voir, il peut en résulter des séquelles pour le cheval au niveau de sa respiration, mais aussi… de ses lèvres, qui vont ensuite avoir plus de mal dans la préhension et la sélection de ses aliments. Un cheval qui a ensuite du mal à manger… triste conséquence biomécanique !

Maintenant, sachant cela, je compte sur vous pour faire passer le message : un tord-nez n’est pas anodin. On s’en doutait (le nom est assez transparent), mais avec l’éclairage anatomique et biomécanique, cela donne vraiment à réfléchir.

Un cavalier averti fait un cheval heureux, le crédo du blog, me paraît plus que jamais une belle phrase de conclusion !

Angélique

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