Matériel et relation cheval : les 5 erreurs à ne pas faire

Matériel et relation cheval : les 5 erreurs à ne pas faire

Hello cher(-ère)s Cavalier(-ère)s,

Aujourd’hui, on parle matériel. Matériel et bien-être, pour être plus précis.

L’heure d’équitation : un plaisir pour le cavalier ! hélas, parfois, un martyr pour le cheval… Certains chevaux souffrent silencieusement, à cause de leur matériel.

Ce n’est pas que le cavalier le fasse intentionnellement.

Non, pas du tout.

Il ne fait tout simplement pas attention. Et ce cavalier peut parfois agir bien injustement envers son cheval, parce que celui-ci est « trop mou », « la tête trop haute » ou « tête de mule »…

Alors, pour éviter tout désagrément, je vous invite à faire attention.

Petit tour d’horizon de sensibilisation sur la garde-robe de son cheval : bridon, tapis, collier de chasse, amortisseur, sangle… et bien sûr : la selle !

 

Le filet

Le problème : Le mal n°1 du filet : la muserolle trop serrée !

Oui, il n’est pas rare de voir des chevaux qui ont « le bec cloué », par leur muserolle, et/ou le noseband (la muserolle combinée), comme c’est le cas ci-dessous :

credit : https://e-venting.co.uk/

Une muserolle correctement ajustée permet de passer l’épaisseur de 2 doigts entre le cheval et la muserolle. On n’a même pu voir des chevaux, la bouche en sang, sur certains carrés de dressage, obligeant la Fédération à contrôler et sévir.

Pourquoi ? Selon la croyance que le cheval ne pourra pas vous embarquer, ou que vous aurez un meilleur contrôle. Je vais vous dire un truc : Si 600 kg décident de vous embarquer, ils y arriveront. C’est pas une muserolle serrée qui va les arrêter.

La conséquence : Impossible de déglutir ou respirer correctement pour votre cheval.

Votre cheval rechignera tout simplement à se mettre dans la bonne attitude, tout occupé qu’il est à essayer de respirer et déglutir. Ou vous aurez du mal à lui mettre son filet. Ou les 2.

Conséquence mal interprétée : le cheval qui bave. Certains cavaliers estiment qu’ils ont bien travaillé parce que leur cheval a bavé ; ce qu’ils interprètent comme un signe de décontraction. Hélas, c’est parfois que le pauvre cheval a la muserolle tellement serrée qu’il est incapable de déglutir… et se met donc à baver.

La solution : revenir à un serrage correct en vérifiant une bonne fois pour toutes !

 

Le tapis

Le problème : le mal n°1 : le tapis non dégarroté

La conséquence : le tapis comprime le garrot. Il n’y a plus d’espace disponible pour que le garrot puisse bouger tranquillement lorsque le cheval est en mouvement. Le tapis « oppresse » le garrot. Des poils blancs peuvent apparaître, sans parler du fait qu’on gêne le cheval dans sa locomotion.

La solution : Faites bien la manipulation de dégarroter le tapis. Et préférez des tapis avec une forme spéciale dégarrotage. 

 

Le collier de chasse

Le problème n°1 du collier de chasse : Il ne faut pas trop le serrer.

Déjà, beaucoup de cavaliers ont tendance à utiliser un collier de chasse, alors qu’ils n’en ont pas forcément besoin. Ca, à la limite, ce n’est pas grave. Ce qui l’est plus, c’est que les colliers sont souvent bien trop serrés.

Sur la photo ci-dessous, la partie à la base de l’encolure est très serrée. Quant à la partie reliée à la sangle, il n’y a aucun espace : entrave garantie pour ce pauvre cheval. (Ne lui jetons pas la pierre, cette personne venait se renseigner sur sa façon de seller. Elle a été conseillée, pas d’inquiétude)

photo prise sur chevalannonce, sur une demande de conseil sellerie

Conséquence : un collier trop serré peut empêcher les antérieurs de se mouvoir correctement. Il appuie de manière très inconfortable sur la base de l’encolure. Il peut aussi maintenir une selle dans une position trop avancée. Et ça, on en parle juste après.

La solution : se poser la question « ai-je vraiment besoin de ce collier de chasse » ? Pourquoi le mettez-vous ? Pour de l’esthétique ? parce que votre selle recule ? Et si votre selle recule, pourquoi ne pas essayer d’en trouver les causes ?

Attention, le collier de chasse est important pour certaines disciplines, comme le cross, parce qu’il sécurise la selle en la maintenant à la bonne position.

 

L’amortisseur 

Le problème n°1 de l’amortisseur : Pas obligatoire, et à ne pas assimiler à un accessoire de mode.
Oui, c’est vrai que c’est très joli ce mouton, qui dépasse de chaque côté de la selle. Mais tous les chevaux n’en ont pas forcément besoin.

La conséquence : idéalement, si votre selle va à votre cheval, vous n’en avez pas besoin. Mettre un amortisseur entre un cheval et la selle qui lui est adaptée, est tout simplement un non-sens : vous avez rajouté une épaisseur, et il se peut que la selle n’aille plus du tout au cheval !

Voyez comment il n’y a plus d’espace entre la selle et le garrot du cheval :

vu sur equit expert

Dans quel cas utiliser un amortisseur ?  Pour compenser votre selle. Préférez les amortisseurs où l’on peut insérer des cales, qui permettent de « redresser » la position de votre selle. Et choisissez ceux avec une gouttière.

 

La sangle

Le problème : les sangles sont généralement trop serrées ! (et mal positionnées, j’en parle juste après)

Et certains cavaliers n’hésitent pas à « couper en 2 » leurs chevaux pour bien maintenir la selle en place. Essayez de courir avec un cardio-fréquencemètre trop serré, vous allez vite regretter.

La conséquence : Le cheval ne peut plus respirer correctement (pas de mouvement de respiration possible : le diaphragme, et les muscles intercostaux sont bloqués). La sangle passe également sur les muscles pectoraux descendants et ascendants, qui jouent un rôle énorme dans la locomotion, notamment dans la « remontée du garrot », ou le croisement des antérieurs. Trop serrée, la sangle empêche donc le cheval de bouger correctement.

La solution : Eviter les sangles avec les élastiques des 2 côtés. La présence d’élastique permet de sangler avec une facilité déconcertante, et il est alors extrêmement facile de « sursangler ». Préférez les sangles avec découpe aux niveaux des coudes, sans élastiques, ou limitez les élastiques à un seul côté.

 

La selle

Le problème : LE MAL n°1 de l’équitation actuelle : La selle (et sa sangle) placées trop en avant !

Oui, vous seriez surpris : La majorité des cavaliers ne savent pas seller correctement. Beaucoup ont fait de gros progrès, beaucoup se posent la question, mais je vois encore une très grosse majorité avec la selle sur le garrot.

Pourquoi ?
1/ Parce que c’est beaucoup plus stable pour le cavalier.
2/ Il y a une pression sociale énorme pour la positionner sur le garrot.

La selle se positionne juste après l’épaule.

La sangle doit passer à 1 plat de main derrière les coudes.

La conséquence : Même avec une selle adaptée au cheval, on peut observer une selle qui recule.
Car une selle mal placée impacte le dos, car elle ne peut plus répartir la pression correctement. Elle crée les fameux points de pression qu’elle essayait d’éviter ! Le cheval, comme défense, ou à cause de la douleur peut lever la tête, creuser son dos, avoir des défauts d’allures, toucher les barres…

Et l’on voit alors le cavalier « compenser » le problème de son cheval à l’aide d’enrênements, de muserolles, d’amortisseurs, de collier de chasse… alors qu’en fait, c’est la faute de (la position de) la selle, pas du cheval.

La solution : Repositionner la selle, et regardez si elle convient bien à votre cheval.

extrait du guide « Les bases du saddle fitting » proposé sur ce blog.

 

Dans cette position, la selle est bien positionnée, et donc plus à même de jouer son rôle : répartir correctement les pressions. Elle doit laisser l’épaule et la colonne vertébrale libres.

Je pourrai écrire pendant des heures sur l’équipement du cheval : c’est mon métier. Alors je m’arrête là, sinon, il faudrait que je fasse une conférence ! ^^

A bientôt, et plus confortables et performants que jamais !

Angélique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :